" L'Océan Pacifique est un miroir immense
face auquel il est impossible de tricher "
(Bertrand Piccard)
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Les
contrôleurs aériens et les diplomates suisses
furent mis à contribution pour ouvrir la voie à
travers l'Egypte, le Yémen, l'Inde, la Chine et
le Japon, rappelant au passage qu'un tour du monde
est aussi un tour des pays, des hommes et des politiques
régionales.
Les choix stratégiques furent souvent douloureux.
Valait-il mieux voler vers le Nord dans des vents rapides
ou plus au sud dans des vents lents?
A l'approche du Pacifique, la question se posa de façon
d'autant plus douloureuse, car la route sud rajoutait
4000 kilomètres au trajet ! C'est pourtant cette
option que les météorologues proposèrent,
en raison de tempêtes sévissant au Nord.
Cet océan immense faisait regretter la splendeur
rassurante des déserts africains et des étendues
indiennes que le ballon avait survolés pendant
onze jours ; cette étendue de vagues apparemment
infinie devenait un miroir devant lequel Bertrand et Brian
se retrouvaient seuls avec leurs émotions. Dans
des vents de 30 km/ heure, entourés de nuages d'orages,
coupés du centre de contrôle par des problèmes
d'antenne satellite, ils regardaient, impuissants, leurs
chances de réussir et leurs réserves de
propane diminuer. Ils ne pouvaient qu'accepter leur peur
et apprendre à la traverser, car il est aussi
inutile de se battre contre des émotions que contre
le souffle du vent. |
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